jeudi 30 janvier 2014

La Volition pour l'évolution

La sérendipité est à l'origine de nombreuses découvertes. C'est aussi la propension à créer les conditions de surprises en sortant des cadres de nos propres limitations. Comme nous l'avons souligné dans la démarche effectuale, plutôt que de craindre les surprises, saisissons des opportunités, faisons preuve de sérendipité.
Ma participation au premier festival de la méditation relevait de cette ouverture et elle s'est avérée fructueuse. Je ne m'étendrais pas sur de belles découvertes à finalité personnelle, telles cette discipline d'écologie corporelle appelé Wutao et la formidable générosité de ses concepteurs qui nous en ont dispensé les préceptes, ni même sur la réussite de l'organisation tant par le nombre de participants que par la qualité des animations.
Ce fut surtout une occasion de conforter mon intuition quant à l’émergence d'une conscience compatible avec les enjeux planétaires économiques et environnementaux. Cette conscience a toujours existé, souvent de façon confidentielle et inavouée car empreinte d'un spiritualisme suspect. A la faveur des prises de positions assumées de personnages médiatiques, tels Matthieu Ricard, Pierre Rabhi, Christophe André ou Nicolas Hulot, cette conscience sort de l'anonymat pour se diffuser enfin dans la société et dans les entreprises. J'emprunte à la biologie le terme de "motilité" pour qualifier l'inexorable expansion de ce phénomène qui peut continuer sans nous mais s'enrichira de nos participations individuelles et collectives.
Nous apparaissant lors d'une conférence comme simple traducteur d'un conférencier Américain, Eric Allodi se révèle être un entrepreneur dont l'engagement participe à la transformation de notre économie et en particulier de grandes entreprises françaises. Integral Vision nous offre une vision de ce que pourrait être l'entreprise de demain, si tant est que nous puissions attendre demain. Il nous incite à transformer une approche individuelle, qui nous fait parfois agir à l'encontre de nos propres intérêts, en une approche collective où l'individu trouve à s'épanouir dans la réalisation des intérêts d'un groupe dont il fait partie (réseau de parties prenantes), pour s'orienter vers une approche humaniste voire humanitaire où il exprime son individuation par son action dans l'intérêt de l'humanité.
Évidemment, cela engage à se défaire de la domination de son ego pour en faire surgir tout le potentiel créatif comme composante d'une intelligence collective. C'est la voie du développement personnel, première étape nécessaire de transformation des consciences.
Entre la volonté de faire et les premiers résultats tangibles, il y a la volition, la volonté en action pour créer le changement. A notre modeste niveau, sur le terrain de la petite entreprise qui forme le tissu de notre économie, nous nous engageons dans cette volition pour l'évolution de notre économie.
L'effectuation reflète bien la résultante de cette démarche, et son application comme méthodologie entrepreneuriale bénéficiera d'une compréhension du schéma gagnant-gagnant où l'une des parties prenantes est la planète et ses habitants. De quoi donner du sens à une démarche RSE, légitimée par l'éthique plus que par l'étiquette.

La "Flèche Effectuale" vecteur associatif de promotion de l'effectuation est déjà largement colorée de cette dimension humaine. La preuve en est par ce partage prolifique d'une intervention de Mathieu Baudin au TEDx Paris de 2012. "Conspirateurs positifs", nous sommes conscients de la nécessité d'agir et nous sommes rassurés : nous ne sommes pas seuls. "De l'incantation à l'incarnation" il y a un pas à faire, c'est la volition.

Jean Luc BESSONNET

samedi 14 décembre 2013

La flèche effectuale


Les lecteurs les plus avertis savent déjà ce qu'est l'effectuation. Quelques autres curieux vont confier la recherche à leur moteur de recherche préféré. Ils tomberont naturellement sur le Blog de Philippe Silberzhan dont l'effort de vulgarisation est remarquable. Son MOOC de l'EMLyon sur le sujet et le sujet lui même sont de fabuleux exemples du plaisir que nous réserve l'avenir. A l'aube d'une nouvelle année, je retrouve l'optimisme dans l'émergence de si belles initiatives.

Les détails de l'effectuation sont très bien développés sur le site précité. Du décryptage de la méthode de réussite de l'entrepreneuriat, je relèverai surtout 3 points qui illustrent parfaitement ma vision de l'économie vertueuse.

Le "patchwork fou", caractérise un fonctionnement entre des parties prenantes engagées dans un schéma gagnant-gagnant : la co-création. Bien sûr, ceci est déjà largement exprimé dans la démarche qualité ; l'effectuation n'invente rien, elle explique. Pour réussir, les entrepreneurs développent des relations bénéfiques avec des parties prenantes. Chaque nouvelle partie prenante apporte de nouvelles ressources au projet et permet de définir de nouveaux objectifs.
Je promeus cette approche depuis longtemps et n'oublie pas d'inclure dans les parties prenantes les salariés de nos (leurs) entreprises, les fournisseurs, les partenaires, tous ces acteurs majeurs de la chaîne de valeur, dans une entreprise dont les limites ne sont plus clairement définies. L'entreprise étendue, comme partie d'un tout, en interaction permanente avec son environnement dont elle est tributaire et à l’évolution duquel elle contribue.
Cette prise de conscience ouvre évidemment un champ infini de développement tel un réseau neuronale qui s’accroît et se renforce à chaque connexion, l'entreprise devenant un neurone dans le synapse de l'économie.

L'entrepreneur n'évite pas l'incertitude, il la gère. Dans la mouvance actuelle de notre économie, l'incertitude caractérise la plupart des environnement de nos entreprises. Une seule certitude : tout change et se transforme et de plus en plus vite. L’impermanence nous était acquise, l'imprévisibilité est notre nouveau challenge. "L'incertitude est la liberté de l'homme", l'entrepreneur ne prédit pas l'avenir, il le construit. Entrepreneur effectual, je ne subis plus  le changement, je n'accuse plus, ne me plains plus, j'agis.

C'est le "pilote dans l'avion", mécanicien au sol, co-pilote à ses cotés (;-) et passagers à bord, tous avec la même finalité : arriver à destination quelles que soient les surprises en vol. ULM ou A380, le challenge est le même, comprendre, agir, s'adapter sans trahir nos convictions profondes.

Nous pouvons le dire, rien de nouveau et c'est tant mieux, mais sur 100 entrepreneurs qui démarrent l'aventure, combien ont conscience de cela ? A l'initiative de Guillaume MAISON, hier est née "La flèche efflectual" association sans frontière de promotion de l'effectuation. Merci à Philippe Silbershan d'avoir impulser cette dynamique, merci à Guillaume de son militantisme entrepreneurial, merci à mes amis co-créateurs de ce fabuleux projet. Une lueur d'optimisme brille dans mes yeux d'entrepreneur et accompagnateur. L'avenir appartient à ceux qui le créent, le notre me réjouit de tout ce qu'il nous offrira, même si nous ne savons pas encore quoi.

jeudi 28 juin 2012

Faits et jugements

Une amie bienveillante a laissé sur ma chaise un livre remarquable :
YOG'ENTREPRISE de Romary Sertelet.
Au moins remarquable pour moi car, s'il fait écho à ma découverte récente du Yoga, il décrit aussi dans ses trois parties ma vision du développement personnel, de la place de l'humain dans l'entreprise et de la place de l'entreprise dans NOTRE environnement.
Ce livre fait souvent référence à l'entreprise adulte. Quelques recettes nous sont indiquées mais force est de constater qu'il n'existe pas beaucoup d'entreprises arrivées à ce stade. Comme élément déterminant pour acquérir ce statut, il met en avant un formidable outil qu'est la charte de comportement.
Cela m'a ramené quelques temps en arrière lorsque j'avais rédigé une telle charte, pensant que le fait d'être écrite et légitime suffirait à la faire appliquer.
Je comprends à rebours mon erreur et remets l'ouvrage sur le tapis d'une façon différente, plus participative, avec toujours notre espérance en l'humain comme énergie créatrice.
En discutant du sujet avec une digne représentante de cette espérance, nous faisions un petit exercice de passage à l'âge adulte dans le "non jugement" et la distinction qu'il implique entre "fait", "aspiration" et "jugement". Nous avons pris pour exemple un reproche qui m'était fait sous la forme : "Pourquoi nous fuyez vous ?". J'entends dans ce reproche une aspiration confirmée ; "Nous aimerions  vous voir plus souvent !". Je ne peux que valider les faits sous-jacents : "Nous ne vous voyons pas très souvent !", encore qu'il conviendrait mieux de dire : "Nous vous voyons à peu près une fois par semaine." Cela est plus précis que l'interprétation de "pas très souvent" qui pour d'autres serait "suffisamment".
Ce qui est intéressant pour moi, manager, c'est d'entendre le reproche comme une aspiration non assouvie que je pourrais essayer de satisfaire. C'est aussi l'occasion de vérifier qu'il ne s'agit pas du besoin impératif de me voir mais d'une certaine reconnaissance dans le fait légitime d'être vu et reconnu.
Mais c'est aussi l'occasion de rappeler que dans d'autres circonstances, ce style de reproches fait le tour de l'entreprise avant d'arriver aux oreilles de l'intéressé en ayant pris une ampleur sans proportion avec la gravité des faits. Et c'est dans les conséquences qui en suivent que l'on peut "juger" l'entreprise comme n'ayant pas atteint l'âge adulte en prenant comme étalon non pas notre société actuelle mais celle à laquelle nous aspirions.
Alors un des items de la charte pourrait être : "Exposez des faits, communiquez vos aspirations mais ne jugez pas !".
Nous avons encore du travail et nous en aurons toujours avec comme énergie l'espoir de parvenir à faire évoluer notre entreprise et la société sans oublier tout le parcours qu'il nous reste à faire nous-même.
Jean Luc BESSONNET - Agde Expert-Comptable.



samedi 14 avril 2012

La solution aux problèmes

En lisant un article de Emmanuel BADET sur Viadeo, je me suis arrêté sur une citation d'Albert EINSTEIN : « Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé ».
L'idée n'est donc pas récente mais depuis, elle résonne en moi comme un credo, dans ma quête des solutions adaptées aux enjeux de la situation actuelle.
Elle fait aussi écho à un livre que j'avais lu il y a quelques temps : La méthode Google, de Jeff Jarvis, qui décrypte de nouvelles approches de réussite.
L'actualité quotidienne nous rappelle l'urgence de changer beaucoup de choses dans nos entreprises :
- Commencer (enfin) à faire de la veille et à élaborer des stratégies,
- Repenser la gestion des relations humaines,
- Redéfinir des approches marketing en phase avec nos valeurs, la technologie et les modes de consommation,
- Viser l'amélioration opérationnelle continuelle dans tous les processus de l'entreprise (à défaut de l'excellence),
- Rendre à la gestion sa capacité à anticiper les équilibres financiers indispensables à la pérennité,
- Améliorer notre système d'information orienté connaissance clients.

Mais comment changer quand on ne comprend pas que le problème vient de nous, de notre aveuglement à voir la source des difficultés dans les autres ?
La première clé est donc la prise de conscience de la nécessité de s'adapter.

La seconde est sans doute dans la méthode. L'inertie, la résistance au changement sont des facteurs déterminants dans la difficulté de mise en œuvre. Cela se contourne par de la communication, de la pédagogie,  de l'accompagnement mais aussi par une approche Kaizen, base de l'amélioration continue. Elle favorise une capitalisation rapide des premiers résultats, pas spectaculaires mais actés.
Mais comment concilier une approche de petits pas avec l'urgence ? Il est urgent de commencer, de se mettre en marche mais il est important de comprendre qu'on ne finira jamais une adaptation continue.

La troisième clé est la simplicité : Commençons par supprimer des opérations qui ne servent à rien, des habitudes qui ne sont pas porteuses de valeur voire qui la détruisent, puis remodelons les processus en les simplifiant mais en connectant chaque étape à de la valeur.

La quatrième est l'humilité : nous ne réinventerons pas la roue tous les jours mais Internet nous offre des possibilités de découvrir et d'adapter des solutions novatrices qui fonctionnent. Qu'importe que nous n'ayons pas inventer la méthode si elle est efficace ! Certes cela nécessite un esprit d'analyse, de conceptualisation et de synthèse qui n'est pas évident mais encore faut-il s'y essayer pour découvrir que c'est accessible et facilité par le partage et la mise en commun de nos réflexions.

A défaut d'entreprendre cette démarche de changement, la fracture sera constatée, Darwin a démontré que les espèces s'adaptent ou disparaissent pour laisser la place à de nouvelles, issues d'une séparation de variétés qui ont capitalisé sur des éléments différenciateurs. Il n'en sera pas autrement de nos sociétés et de nos entreprises, elles disparaissent ou elles s'adaptent, le choix est assez binaire.


Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable

lundi 9 janvier 2012

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves.

La nouvelle année est l’occasion de présenter nos vœux à ceux qui nous sont chers. Nous vous souhaitons donc un avenir en harmonie avec l’énergie que vous mettrez à le construire.
C’est certain, il faudra être créatif, innovant, engagé pour y parvenir. L’économie a montré ses limites dans un système trop financiarisé, trop basé sur la spéculation et sur la rentabilité à court terme. Elle est dirigée par des institutions qui en fixent les règles mais n'y apportent pas la valeur. La vraie économie, celle qui intéresse nos entreprises et nos foyers, c'est celle que nous créons au quotidien, par nos dépenses, notre travail, nos emplois et nos impôts. C'est donc à nous de la mettre en œuvre et d'en reprendre le contrôle.

Quelques clés nous paraissent s'imposer pour y parvenir.

La première et la plus importante est l'éthique. Voilà un joli mot souvent utilisé mais plus rarement mis en application.
"L'éthique peut être définie comme une réflexion sur les comportements à adopter pour rendre le monde humainement habitable. En cela, l'éthique est une recherche d'idéal de société et de conduite de l'existence". Telle est la définition qu'en donne Pierre TOUREV et qui nous convient assez bien. Pour peu qu'elle guide nos actions et nos réflexions, la suite ira d'elle-même.

La seconde est la notion de chaîne de valeur.
Celle-ci nous amène en premier lieu sur la valeur que nous recherchons pour autrui quand nous mettons en œuvre nos actions et en second lieu sur le fait que cette valeur ne peut être créée isolément. Nos entreprises, nous-mêmes, faisons partie de nombreux systèmes auxquels nous contribuons, desquels nous recevons et dont nous dépendons plus ou moins. C'est dans chacun de ces systèmes que nous devons mettre en œuvre cette valeur en cohésion avec les structures en amont et en aval. Cela nécessite bien-sûr un respect absolu des acteurs qui interagissent dans nos systèmes et une communication claire avec eux pour obtenir cette optimisation de la chaîne de valeur. C'est ainsi que pour produire de la valeur au travers de notre entreprise nous avons besoins de nos salariés, de nos fournisseurs et évidemment de nos clients, la valeur produite étant ainsi le fruit de tous au profit de tous.

Cela nous amène à une troisième clé qui consiste à ne pas se focaliser sur nos seuls intérêts.
Cette économie dont nous parlons est elle aussi un grand système dans lequel nous contribuons et ses nouvelles composantes sont celles que nous définirons ensemble. Cela implique donc une notion de solidarité, mais une solidarité au profit de ceux qui jouent la même partie que nous, une solidarité active les uns envers les autres parce que nous menons le même combat pour une recomposition d'une économie citoyenne, dans laquelle chacun a sa place et son rôle. Une solidarité à charge de responsabilité pour ceux qui en bénéficient, de responsabilité de tous car nous sommes tous amenés dans cette logique à profiter de ceux à qui nous donnons.

Enfin, sans que cela soit exhaustif, la quatrième clé est celle de l'engagement.
N'attendons pas que les choses soient faites pour prétendre y contribuer. Cet avenir nous appartient si nous commençons à le construire aujourd'hui avec l'énergie nécessaire pour agir et relayer autour de nous cette vision d'une société meilleure. Elle est déjà en marche, mais elle ira plus vite si tous, nous relevons le défi de contrarier les prévisions pessimistes des économistes avec des clés que nous avons déjà sur nous.
A l'aube de cette nouvelle année, voici le challenge que nous aimerions relever avec vous, pour que cette année 2012 et les suivantes soient de belles années, à la hauteur de nos rêves et de notre volonté de les réaliser.

Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable



mardi 22 novembre 2011

La crise n'est pas une fatalité

La petite entreprise est le fil du tissu économique de nos régions, indispensable à sa solidité. Emplois, services de proximité, développement, amélioration de l’habitat…, elle intervient dans presque tous les domaines de notre vie. Piégée dans les mailles de la perte de confiance et la baisse de la consommation, elle doit nécessairement devenir performante pour survivre. Cela nécessite prise de conscience, volonté de changement et plan d’action clairement défini. Mais comment changer quand on ne sait pas par où commencer ?
La première clé est de redonner du sens et de la valeur à son action au quotidien. Dans une crise de confiance, cette valeur est le refuge intangible de la consommation. Elle peut se définir comme les qualités perçues par le consommateur, bénéficiaire des services et des biens que l’entreprise dispense. La valeur n’est pas question de prix. Sans qualité perçue, sans valeur, même le plus bas prix a du mal à être justifié alors qu’il devient naturellement la contrepartie de la valeur perçue quand celle-ci est manifeste.
Partant de ce constat, le chef d’entreprise pourra asseoir son action sur les cinq piliers de sa réussite : le pilotage, l’organisation, le commercial, la production et la gestion. En faisant un diagnostic de ses forces et ses faiblesses sur ces axes, il structurera un véritable plan d’action pour améliorer son fonctionnement. 
“Les 25 Fondamentaux de la réussite d'une petite entreprise” est le titre de l’ouvrage que nous avons publié avec Pascal VIAUD aux éditions QUALIXEL. Il raconte aux chefs d’entreprise des anecdotes qui leur ressemblent, dans ce qu’ils font de mieux ou de moins bien. Ils tirent les leçons de ces expériences authentiques pour décrypter les clés de la réussite.
Stratégie, ressources humaines, gestion de production, équilibres financiers, satisfaction clients, coût de revient…Autant de domaines dans lesquels la formation initiale de nos dirigeants de petites entreprises ne s’est pas beaucoup aventurée, sans parler de la formation continue qui leur fait terriblement défaut. A la lueur des enjeux actuels et à venir, il est temps aujourd’hui d’appréhender le changement comme vecteur de réussite et de création de valeurs, de le susciter et de l’accompagner.
Non la crise n’est pas une fatalité, rien ne sert d’en attendre la sortie, elle pourrait s’avérer structurelle. Malgré des séquelles inévitables sur les structures les plus fragiles, cette mutation est aussi une formidable occasion de construire une nouvelle société dans laquelle la rentabilité ne serait que la résultante de la valeur plutôt que l’épée qui la détruit en même temps que la confiance.

Jean Luc BESSONNET Agde-Expert Comptable

mardi 18 octobre 2011

Les architectes ont quelques années d'avance

En discutant récemment avec un client architecte, je faisais le constat de l'évolution de leur marché. La profession est réglementée, dispose donc d'une protection des conditions d'exercice, elle a permis à des professionnels de s'épanouir dans des conditions financières satisfaisantes et pourtant...
Face à une demande qui se restreint, les donneurs d'ordres institutionnels font baisser les prix (en pourcentage du montant des travaux) jusqu'à les avoir divisés par 2 voire 3.
La structure des coûts d'une agence n'a pas nécessairement suivie d'où une baisse de rentabilité des cabinets d'architectes.
En analysant les raisons, j'identifie les raisons principales :
  1. Une focalisation sur les marchés prétendument les plus rentables,
  2. Une pression sous le dumping de certains professionnels,
  3. L'importance prise par les acteurs périphériques (bureaux de contrôle par exemple) sur des missions complémentaires à la mission de l'architecte,
  4. Une tarification inversement proportionnelle à la valeur perçue
  5. Une absence de remise en cause sur la valeur apportée.

Nul besoin de se lamenter par rapport à nos années d'études, nos diplômes, la structure de nos coûts, seules l'utilité et la valeur comptent.
Ces deux éléments primordiaux ne sont pas enseignés dans les cursus professionnels. L'absence de formation continue, notamment sur le comportemental, ne favorise pas une évolution.
Je vous rassure, je n'ai rien contre les architectes, c'est un très beau métier que j'aurais voulu exercer et quelques uns de mes amis sont de la partie. Il s'agit juste d'un exemple comme d'autres, entreprises du bâtiment, commerces, services...
Alors quand j'annonce que les architectes ont quelques années d'avance par rapport aux difficultés qu'ils rencontrent, permettez moi de me tromper en inversant le cours de votre propre histoire, que vous soyez architecte ou expert-comptable (par exemple).
Jean Luc BESSONNET www.agde-audecia.com


mardi 15 février 2011

De l'utilité de la gestion des temps

A force de parler des mêmes problèmes, on se dit qu'il y a peut-être des choses à écrire.
Il en est ainsi de la gestion des temps dans les entreprises de services ou de production.
J'en discutais récemment avec un client, gérant d'une entreprise dont la rentabilité ferait frémir nombre de ses concurrents.
Plus récemment, le même sujet était abordé avec une jeune professionnelle prometteuse ;-) qui s'attaque à ce serpent de mer de notre profession.
La première question que je pose est : quelle est la véritable finalité de la gestion des temps ?
Comme l'indique les termes de "contrôle de gestion", il est suggéré qu'elle sert avant tout à vérifier l'adéquation du fonctionnement de la structure aux conditions initialement prévues. C'est rarement le cas.
Particularité de notre métier et de quelques autres activités libérales de service aux entreprises, elle sert aussi parfois à réajuster les honoraires facturés aux clients.
Assez souvent, elle ne sert à rien, ce qui finalement est le plus grand gaspillage qui soit, quand on se rend compte du temps qu'elle nécessite.
Dans certains cabinets, à haut degré, de responsabilisation et d'autonomie des équipes, elle n'existe simplement pas sans impacter la performance intrinsèque.
Dans notre approche de la qualité, la gestion des temps doit servir l'ensemble des étapes de la roue de Deming, à savoir, la planification, la réalisation, le contrôle et l'amélioration.
Dans la phase de planification, une vraie question se pose sur son utilité dans  la détermination des prix de revient et par extension des prix de ventes.
Une difficulté de mon client précité résidait dans cette problématique, au sens où le concepteur de logiciel pressenti lui vendait la méthode des déboursés prévisionnels (matière et main d'oeuvre) comme seul moyen de déterminer les prix de vente. S'il pratiquait comme cela, il était fort à parier que sa rentabilité ne serait pas ce qu'elle est.
En effet, les prix de ventes qu'il pratique sont déterminés par la rencontre de la valeur que le client perçoit dans le produit qu'il achète et de la capacité de mon client à affirmer cette valeur sans jamais la renier et à vérifier en permanence qu'elle est mise en oeuvre dans la réalisation.
La gestion des temps lui sert alors essentiellement à deux choses :
  1. Optimiser ses processus de production en augmentant la valeur ajoutée produite par l'amélioration de l’enchaînement des tâches, quitte à supprimer les tâches sans valeur ajoutée (parlerait-on du Lean Management ?) et l'affectation d'un coefficient de majoration aux ressources goulot, déconnecté de leur coût réel pour tenir compte de leur importance dans cette optimisation (s'agit-il de la gestion par la théorie des contraintes ?).
  2. Déterminer les secteurs d'activité et produits à plus forte valeur ajoutée afin d'orienter ses efforts commerciaux et sa stratégie (analyse stratégique des produits et services).
Pourquoi en serait-il autrement pour les cabinets d'expertises comptables ?
La focalisation sur la gestion des temps met le client dans une situation paradoxale mais courante, dans laquelle le prix payé est proportionnel à l'inefficacité de celui qui réalise la tâche.
Quand ce n'est pas le cas, elle suggère au cabinet que pour optimiser la performance, il faut réduire le coût horaire, ce qui tend assez souvent à réduire la valeur fournie et perçue et fait rentrer le cabinet dans la spirale infernale de la réduction des prix et de la valeur.
Assez fréquemment, on constate aussi que la gestion est utilisée à charge du client (facturation) et du salarié (réprimande) mais rarement pour récompenser l'un et l'autre. Et pourtant, il n'est pas nouveau de constater que la récompense suscite la performance et la fidélité et sert donc la rentabilité à long terme du cabinet à défaut de servir sa pseudo rentabilité immédiate.
Sans développer davantage cette plaidoirie, je confirme que la gestion des temps nous est utile, mais pour les vrais raisons que je suggère dans mes propos.
Pour finir sur le coût de cette gestion des temps (temps de saisie, d'analyse, au regard des services rendus en retour), on ne peut que constater que les prestataires de services informatiques parmi les plus grands, sont toujours passés à côté du problème, dans le développement des modules prétendument adéquat.
En effet, l'intégration de cette fameuse roue de Deming, traitant de la tarification, de la planification, de la gestion des plans de charges, du suivi des obligations, de la gestion des récompenses des salariés et clients, du contrôle de la performance et surtout de l'amélioration des processus, n'a jamais (à ma connaissance) été abordée dans une approche globale et pertinente permettant par exemple de saisir une seule fois, lors de la préparation du contrat de mission, ce qui deviendra, engagement contractuel, obligation, planning, plan de charge, temps prévu, obligation réalisée,  temps passé, contribution du salarié à la valeur ajoutée perçue, facturation des missions convenues.
Bref, une intégration par une approche processus efficiente et pertinente de la gestion des temps.
Jean Luc BESSONNET - AGDE EXPERT COMPTABLE

samedi 18 septembre 2010

Les 7 habitudes en actions

A l'initiative de notre associée, Laurence VERSAILLE, gérante de AUCENTUR, notre société de commissariat aux comptes, nous avons mis en oeuvre une formation sur les "7 habitudes" de COVEY, lors d'un stage en Intra.
Nous avons réuni 10 associés de 3 structures différentes (AUCENTUR, AGDE et AUDECCO-RBA) dans un lieu très particulier, au Château Semens à St Brice (33). Ce site hôtelier de très bonne qualité a la particularité d'employer uniquement des travailleurs handicapés, ce qui, outre le fait de rendre les frais d'hébergement déductibles de la contribution AGEFIPH, est tout à fait en phase avec notre éthique.
Cette formation, organisée avec le concours de la CEGOS, a permis aux participants de se familiariser avec la "façon d'être" énoncée par COVEY, pour un management efficace et responsable. Bref, un management qui nous ressemble et qui nous rassemble.
Cela a été l'occasion pour certains de découvrir les prémices du coaching et de la PNL, qui ouvrent des voies encore plus audacieuses pour aborder notre rapport à l'autre.
Merci à Natacha, d'avoir su adapter son grand savoir faire et son approche empathique à ce public si "particulier", répondant aux d'attentes personnelles et à celles du groupe.
Merci à mes ami(e)s d'avoir partagé avec sincérité ces instants de vérité et de réflexion.
Alors pour ceux qui n'aurait pas encore lu "les 7 habitudes" allez vite chez votre éditeur préféré.
Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable

Bibliographie pour iconoclastes - 2

Pour mes ami(e)s, Valérie, Isabelle, Fred et Sylvie, d'EXPERTIS CFE, Laurence d'AUCENTUR, Isabelle, Christelle, Philippe, Fred, Alexis de AUDECCO-RBA, Bruno et Fred, nos associés et tous les autres iconoclastes, voici la bibliographie à jour des derniers ouvrages intéressants :


  • Les 7 habitudes - Stephen R. Covey
  • La 8ème habitude - Stephen R. Covey
  • La priorité aux priorités - Stephen R. Covey
  • Le pouvoir de la confiance - Stephen M.R. Covey
  • Le but - Eliyalu M. Goldratt
  • La chaîne critique - Eliyalu M. Goldratt
  • Vélocité - Dee Jacob, Suzan Bergland, Jeff Cox
  • Le lean au service du client - Jim Womack
  • P-lean - Emmanuele Delbaldo
  • Un petit pas peut changer votre vie (la voie du Kaizen) - Robert Maurer
  • La méthode Google - Jeff Jarvis
  • La longue traine - Chris Anderson
  • Génération W- Ralph Hababou
  • Le nouveau management de l'information - Christophe Deschamps
  • Pouvoir Illimité - Anthony Robbins
  • Invitation au coaching (le monde des possibles) - Isabelle Vitte-Blanchard
  • Le coaching orienté solution - Philippe Bigot
  • La psychologie du bonheur -Mihaly Csikszentmihalyi
  • L'homme qui voulait être heureux - Laurent Gounelle
  • Dieu voyage toujours incognito - Laurent Gounelle


Tout doit être disponible sur AMAZON. N"hésitez pas à me faire part de votre ressenti sur ces ouvrages et à m'en conseiller d'autres.

Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable

jeudi 1 juillet 2010

Un concept si simple et si mal utilisé.

Une des règles de l'équilibre financier d'une entreprise est contenue dans l'équation : Fonds de Roulement - Besoin en Fonds de Roulement = Trésorerie.
Si cette règle est universellement connue et relativement simple, on ne la retrouve pas assez dans les préoccupations premières des TPE.
Dans ces temps où nous devons apprendre à être moins dépendant du système bancaire pour ne pas en être les victimes, rappelons quelques règles simples :
  • Le Fonds de Roulement, première composante de l'équation à une relative stabilité. Il est  impacté  à court terme essentiellement par des décisions de gestion, investissements, financements, et son évolution est donc relativement  prévisible.
  • Le BFR est quant à lui capricieux, plus difficile à dompter, davantage soumis aux décisions de l'environnement, la volonté des clients d'acheter, de payer ; alors autant gérer et prévoir ceux qui est encore de notre ressort.
  • Les variations de trésorerie sont donc essentiellement liées aux sautes d'humeur de ce fameux BFR ou aux erreurs de gestion sur la gestion du FR.
  • Si les termes de l'équation sont dissociés, ils n'en sont pas moins issus de la même comptabilité "en partie double". Cela implique que les composantes de ces termes sont étroitement inter-dépendants. Par exemple, la volonté des clients d'acheter impacte le compte de résultat par la marge dégagée et par la même le fonds de roulement (par le biais du résultat). Elle influence aussi le BFR par le décalage des encaissements clients, qui nous rappelle que le résultat n'est pas forcément transformé en trésorerie. Elle détermine le niveau du stock car la marchandise est soit vendue et sortie des stocks soit encore en stock. Elle influence les achats futurs et le crédit fournisseur par le réapprovisionnement ou l'ajustement des commandes à la baisse, la trésorerie future par l'encaissement ou non de ces ventes, par l'impôt futur sur ce résultat, par la TVA qui en découle, par les actions commerciales qui seront décidées ou non...Bref, une simple décision d'un tiers (client) influence tout le système et la compréhension de ces rouages est essentielle.
Prévision, contrôle, anticipation est donc la méthode que nous appliquons pour accompagner les entreprises dans la gestion de leur entreprise. Nous concentrons l'analyse sur les éléments variables qui déterminent la trésorerie future et surtout le fonds de roulement. Nous essayons de définir avec le chef d'entreprise les actions qui permettent de maîtriser au mieux ces éléments, de les rendre moins fluctuants, plus prévisibles, de déterminer les hypothèses et scénarios qui peuvent survenir et de préparer les réponses opportunes à la survenance de ces scénarios.
Vaste programme qui nécessite une certaine pédagogie pour rendre intelligible ces concepts qui dans leur aspect technique rebutent plus d'un entrepreneur, mais conditionnent leur avenir.

Jean Luc BESSONNET AGDE EXPERT COMPTABLE

dimanche 13 juin 2010

Inverser les priorités

Le confort des situations empêche souvent l'innovation. Ce confort est notamment induit par des barrières juridiques d'accès à certaines professions, dites règlementées.
Au prétexte de garantir au marché la qualité d'un professionnel, on lui sert une absence d'adaptation à ses véritables besoins. Il est d'ailleurs fort étonnant de constater la docilité dudit marché qui, avouant ne pas être servi comme il devrait, n'en tire que peu de conclusion.
Conscients des dangers d'une telle protection forcément éphémère, certains professionnels osent timidement proposer à leurs clients des alternatives dignes d'intérêt. Cette timidité est due à l'encrage de cette culture protectionniste mais castratrice de plus d'un demi siècle.
Le paradoxe est dans la présentation officielle des ces offres qui restent très stéréotypées, sur la base de modèle de contrats institutionnels car dans ces professions le modèle fait loi.
Alors osons casser la coquille et sortir de l'oeuf, osons proposer l'utile, voire l'indispensable et le vendre comme tel.
Même s'il m'apparait que quasiment toutes les professions règlementées sont dans la même nasse, nous prendrons l'exemple de l'expertise comptable.
Voici 65 ans que nous vendons au marché principalement du respect d'obligations, alors que le marché attend principalement de l'accompagnement, de la pédagogie, de l'anticipation. Nous servons du résultat pour collecter de l'impôt alors que le marché nous parle trésorerie, prix de revient et pérennité de l'entreprise. Nous vendons une pseudo analyse du passé, alors que le marché nous réclame de l'aide à la vision stratégique, de la prospective.
Bref, nous sommes à côté de la plaque et le marché continue à nous faire un chèque, ...mais jusqu'à quand ?
Alors osons dire au marché ; Je vous entends, je comprends vos besoins et je vais vous servir des solutions, des vraies qui vont vous faire du bien. Vous aurez aussi du respect d'obligations, avec rigueur et professionnalisme mais à titre accessoire. Je vais m'engager sur ce service et je vais tenir mes engagements, car je vous l'écrirai pour devoir le faire.
Oui, la mutation va être difficile, mais autant démarrer très vite car si nous ne l'avons pas encore compris, l'offre existe, est vendue ; elle séduit. Alors ne gâchons pas le privilège de notre merveilleuse relation avec nos clients et vendons ouvertement notre expertise pour ce qu'elle doit être et non ce qu'elle a été. Cassons la tablette de marbre sur laquelle est écrit que nous devons être des scribes et soyons ce que nous prétendons être, des éclaireurs de l'économie et de l'entreprise.

Jean Luc BESSONNET - AGDE EXPERT COMPTABLE

samedi 29 mai 2010

Audecia à Dijon

Notre groupement d'experts-comptables, AUDECIA a organisé cette année sa réunion du mois de Mai à Dijon. Nous y avons été magistralement accueillis par notre confrère, le Cabinet Cléon-Martin-Broichot Associés sous l'égide de Pierre Cléon, grand qualiticien au sens le plus noble du terme. Cette journée studieuse m'amène à faire quelques constats de synthèse des discussions que nous avons eues.
Nous avons évoqué avec HAYS (société de recrutement) quelques aspects du recrutement de nos collaborateurs et nous avons eu la confirmation que les attentes des postulants ne sont pas totalement en phase avec ce que nous pensons. Parmi les premières attentes et avant le salaire nous pouvons citer la qualité du parcours professionnel et la qualité de l'ambiance de travail. Sur ce dernier point cela m'amène à constater que si tous les employés mentionnent leur attachement à ce facteur, ils ne le défendent pas autant que son importance le suggérerait. L'ambiance est avant tout une affaire de bienséance de chaque individu dans sa relation aux autres et au groupe et nécessite de mettre parfois le mouchoir sur ses émotions et ses pensées. Bien évidemment, et du fait de cette importance, cela est aussi une priorité managériale qu'il convient de rappeler en permanence dans les paroles et les actes.
Nous avons aussi évoqué l'entretien de recrutement et le fait que nous devions vendre notre structure au postulant. J'ai tendance à penser que d'une part nous sommes autant acheteur que vendeur, même en période où les candidats ne sont pas légion et d'autre part, comme dans la méthode SPIN, pour bien vendre, il faut d'abord et avant tout écouter, laisser le candidat se dévoiler et indiquer ses véritables attentes.
Nous avons aussi abordé la difficulté de gérer cette nouvelle génération, qualifiée par un de nos interlocuteurs génération ZIP, Zappeur, Internet et Téléphone. Il est important de prendre en compte les spécificités de cette génération et d'essayer de la comprendre plutôt que de la stigmatiser. En effet, si les tendances observées sont des tendances de fond, il faudra faire avec, d'autant que pour une part d'entre eux, ces individus seront aussi nos clients de demain. Ne pas faire l'effort de rapprocher l'ensemble des générations potentielles d'une structure, c'est la priver des talents, spécificités et expériences de chacun et risquer de compromettre son adaptation aux changements de son environnement. Bien évidemment, l'organisation ne doit pas pour autant obtempérer à tous les caprices. Elle est guidée par une culture et des valeurs qui bien qu'évolutives, constituent la colonne vertébrale de son management.

Jean Luc BESSONNET

dimanche 16 mai 2010

Le Shin et le management


Dans une période ou s'enchaînent les assemblées des clubs, comités et ligues de Judo, auxquelles je participe pour parler de chiffres, on remet sur le devant de la scène la culture Judo.
Les valeurs c'est comme la qualité, on en parle lorsqu'elles commencent à être moins perceptibles.
Lorsque j'ai commencé le judo, dans les années 1970, le problème de la culture ne se posait pas, elle s'imposait. Point de salut sans respect du tatami, du Maître, des partenaires (finalement de l'environnement et des parties prenantes). Elles ont forgé mes jeunes années, et sans aucun doute constituent les fondements de mon comportement d'aujourd'hui.
Un petit point sur le code moral que l'on enseigne à nos enfants dès leurs premiers pas sur le tatami :
  • L’AMITIÉ : 
« C’est le plus pur des sentiments humains »
  • LE COURAGE: 
« C’est faire ce qui est juste»
  • LA SINCÉRITÉ : 
« C’est s’exprimer sans déguiser sa pensée »
  • L’HONNEUR : 
« C’est être fidèle à la parole donnée »
  • LA MODESTIE : 
« C’est parler de soi-même sans orgueil »
  • LE RESPECT : 
« Sans respect aucune confiance ne peut naître »
  • LE CONTRÔLE DE SOI : 
« C’est savoir se taire lorsque monte la colère »
  • LA POLITESSE : 
« C’est le respect d’autrui »

Ce code est avantageusement complété par les valeurs suivantes :
  • Le meilleur emploi de l'énergie,
  • L'entraide et la prospérité mutuelle.
Le grade du judoka relève quand à lui d'une triple valeur :
  • Le Shin : valeur morale
  • Le Ghi : valeur technique
  • Le Tai : valeur corporelle
Cela n'est pas sans rappeler la vision de Covey dans la 8ème habitude et ses 4 intelligences:

S'il fallait rappeler quelques principes du management, nous pourrions nous inspirer de ces quelques concepts.

Jean Luc BESSONNET - Agde Expert-Comptable

jeudi 6 mai 2010

Le chemin de lecture

Quand je reviens en arrière pour comprendre comment s'est construit mon développement personnel, je remonte mon chemin de lecture. "Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es". Ce travail d'analyse est très enrichissant par les constats qu'il m'amène à faire.
Le tout premier est que je ne serais pas celui que je suis, si je n'avais pas lu ce que j'ai lu. Il est indéniable que mes lectures ont construit ma vision de la vie, privée et professionnelle, ma relation aux autres et à moi-même. Certains livres rendent meilleur, non que je sois bon mais sans aucun doute mieux que je ne l'étais.
Certaines rencontres humaines ont aussi été déterminantes dans le choix de mes livres et si je devais en garder une seule reconnaissance ce serait celle-ci. De Dan Simmons, à Goldratt ou Covey, ces rencontres livresques d'une infinie richesse m'ont été permises par des discussions d'amis au même titre d'ailleurs que certaines de mes musiques préférées. La sérendipité trouve tout son sens dans ces bonheurs de culture offerts par l'ouverture et l'échange. Un ami pousse l'exercice jusqu'à offrir à d'autres les livres qu'il a aimés ; pas de plus beau cadeau que de partager son plaisir d'une lecture avec quelqu'un.
Parfois la rencontre a lieu dans un hall de gare ou d'aéroport devant la gondole "best sellers" de la presse du coin.
Une des plus étonnantes fût celle avec Bernard Werber et "Le livre de voyage". Longtemps je passe à côté de l'auteur médiatisé en me disant "pourquoi pas", puis, "pas encore". Et un jour, ce petit livre, accessible durant un voyage Paris-Agen, permettant de tromper son âme sans conséquence, tuer le temps avec désinvolture. Bouleversement total ; on s'approprie le livre, il pénètre notre âme comme si on l'avait écrit nous même ou comme s'il avait été écrit pour nous. Je découvre l'auteur ; stupéfaction, un jumeau karmique avec lequel j'ai une évidente ressemblance physique, né la même année que moi, dans la même ville, à quelques jours d'intervalle, il écoute les même musiques, lit les mêmes auteurs, ce qui est plutôt rare.
Mais cela relève essentiellement de l'habileté de l'auteur (pas la ressemblance physique bien sûr) comme le démontrent les commentaires de lecteurs postant leurs impressions sur Amazon :
"Comment terrasser ses propres ennemis, se créer un lieu à soi et se sentir vivre de l'intérieur pour la première fois..."
Bref, l'impression que ce livre n'a été écrit que pour soi.
"Ce livre a été pour moi une révélation. Mais il s'agit aussi d'un état d'esprit. Je pense qu'il y a quelques années je ne l'aurais pas lu. pas prête. pas besoin. trop dans le "faire", pas dans l'"être"; "
J'aurais pu les écrire moi même.
C'est bien là la force de la lecture, où la pensée lue se mélange à la notre pour n'en faire qu'une. Dans l'écriture, le phénomène s'accentue ; le charme s'opère comme un DJ qui recompose de nouveaux morceaux avec le talent de compositeur des uns et son propre talent de mixeur. Cela me rappelle la soutenance de mon mémoire d'expertise durant laquelle un examinateur manifestement décontenancé par le contenu me dit :"Ce n'est pas vous qui l'avez écrit !". Il est sur qu'après 4000 pages de lecture et d'application au cas pratique, cela rejaillissait sur le style d'écriture.
La transposition du "lu" et du "compris" dans les modes de gestion relève de cette appropriation nécessaire de la lecture. Chercher, lire, analyser, modéliser, communiquer, faire et améliorer, voilà un cercle vertueux du management. Trouver une utilité pratique à ce qu'on lit, c'est comme tester les recettes d'un livre de cuisine. On passe du plaisir mental à celui de l'accomplissement. 
Autre caractéristique du chemin de lecture, le cycle : on aime un auteur et il faut tout en lire. Dan Simmons, Werber, Asimov, Grangé, Chattam, Herbert, Covey ou Goldratt... Tout y passe. Il faut aller jusqu'au bout de ses passions. Mais il faut aussi posséder, physiquement pour pouvoir toucher, s'y replonger, se dire qu'on relira un jour, que l'on pourra prêter tout en ayant peur de perdre l'ouvrage.
Cycle d'auteur mais aussi cycle thématique.
Stratégie, théorie des contraintes, lean, développement personnel, développement durable, qualité, réseaux sociaux, coatching... 3, 4 livres par thème sélectionnés sur Amazon, (parfois par Amazon). J'ai la chance de pouvoir ne pas être avare pour mon plaisir, je suis un bon "Amazonien", capable de suivre les recommandations et de m'apercevoir qu'à la fin de mon cycle, les recommandations sont les livres que j'ai lus... sauf une qui me projette dans un nouveau cycle. Quelques fois s'opère un retour en arrière, en reprenant un livre déjà lu mais pas approfondi. C'est l'occasion de l'intégrer dans un nouveau cursus ou d'en faire le point de démarrage.
Et Internet dans tout ça, futile, fugace, qui ne laisse pas de traces.
Comment baliser son chemin, avec de tels outils vous ouvrant sur la gratuité, la diversité et la sauvegarde de quelques arbres, mais vous faisant oublier qui a écrit ce que vous avez aimé. Quelques outils permettront de palier cette faiblesse du numérique à grands coups de copier-coller pour garder la trace. Mais on ne renonce pas au livre, cela vient en plus.
Tel le petit Poucet, j'essaie donc de remonter mon chemin de lecture, en reprenant les livres qui ont forgé ma personnalité.
Jean Luc BESSONNET

jeudi 29 avril 2010

Le tout est plus grand que la somme des parties.

L'intelligence collective c'est un peu comme le monstre du Lockness. On en parle beaucoup mais on en voit rarement.
Voici un exemple de Talent Collectif, concept tout aussi confidentiel mais admirable dans sa mise en oeuvre.
Le week-end dernier se tenait à Béziers le salon Métamorphose, évènement où se côtoient les plus grands coiffeurs mondiaux. Chacun y va de sa démonstration et les égos se confrontent au moins autant que les talents.
Patrick et Nathalie LONGEVIAL, qui n'en sont pas à leur coup d'essai, imaginent, avec modestie mais détermination, porter leurs équipes sur le devant de la scène. Mais que faire avec une ribambelle de gens ordinaires face à des individus de cette envergure ?
Et c'est bien là que l'on reprend espérance en l'homme.
On associe un musicien de talent, Cédric Moulié, on répète pendant des heures, à des moments où les gens ordinaires vaquent à leur vie ordinaire, on fédère musicien, coiffeurs et coiffeuses, modèles et managers autour d'un projet dont l'envergure dépasse nos petites personnes, et le miracle se produit.
Un show extraordinaire, libéré, incomparable, où l'individu s'efface devant le groupe, où le talent devient collectif.
C'est ici que je reconnais les vrais managers, ceux qui ont la capacité de sublimer des individus dans une symbiose dont les capacités dépassent largement la somme des talents unitaires ; Ceux qui savent laisser au groupe la gloire qui rejaillit de leur nom.
J'essaierai d'en tirer la quintessence pour en extraire les huiles essentielles.
Retrouvez la grande histoire sur leur blog.
Jean Luc BESSONNET

mardi 13 avril 2010

La force des liens faibles


Dans son ouvrage, la sociologie des réseaux sociaux, Pierre Mercklé (citant Granovetter), nous explique l'importance des liens faibles.
La force d'un lien est caractérisé selon lui par "une combinaison de la quantité de temps, de l'intensité émotionnelle, de l'intimité (confiance mutuelle) et des services réciproques qui caractérisent ce lien".
Les réseaux sociaux virtuels (Facebook par exemple) sont souvent mis en exergue par la faiblesse des liens relationnels qui unissent les membres d'un groupe et on en conclurait vite qu'ils sont facteurs de dégénérescence des fondements de nos sociétés en affaiblissant les liens familiaux ancestraux.
Les liens virtuels ne sont pas toujours aussi faibles que cela, ils peuvent au contraire renforcer les liens traditionnels distendus par un mode de vie qui dissocie les tribus traditionnelles. La "clique" se retrouve sur Facebook quand la vie éloigne ses membres. Ma chère Maman, tête de la clique familiale pourrait facilement en témoigner.
Il convient de distinguer la conséquence de la cause.
Pour autant, lorsqu'ils peuvent être qualifiés de "faibles" au sens indiqué plus haut, ils ont des vertus insoupçonnées comme nous le rappelle l'auteur.
Des liens faibles sont des transmetteurs entre groupes beaucoup plus que les liens forts. En effet, les liens forts ont tendance à cloisonner l'information dans le groupe et permettent moins une ouverture sur les autres et une conjonction entre plusieurs groupes. Je suis à la fois sur Twitter, Facebook, Viadeo, MySpace et je peux être fan de plus de groupes que ne le permettraient mes liens traditionnels tout en inter-connectant mes réseaux quand je relaie de l'information. 
De même, ces liens faibles, par la légèreté des engagements, permettent d'"essayer" des contacts pouvant se révéler très profitables notamment dans le cadre du développement culturel et intellectuel (pour ne pas parler de Meetic). Ainsi, je ne connaitrais pas mes "amis canadiens" et les choses intéressantes qu'ils ont à nous dire si je ne fréquentais pas les réseaux sociaux.
C'est la perméabilité de ces liens qui est relevée comme "force". Ils laissent passer l'information qui n'a plus de barrière et devient accessible pour un plus grand nombre en se propageant très largement et rapidement.
Mais on peut relever deux problèmes liés à cette caractéristique :
  1. Les gens ont une tendance à oublier cette perméabilité et n'hésitent pas à révéler aux réseaux des choses qui étaient autrefois réservées à leurs proches amis. Cela laisse des traces alors que la mémoire humaine est beaucoup plus volatile, perfectible et sujette à caution que la mémoire numérique. On se réfèrera éventuellement à l'article publié sur MSN, "Les 10 pièges de Facebook à éviter".
  2. La perméabilité est relative car elle est sélective et unidirectionnelle. Je peux choisir d'être ami avec un quasi inconnu aux intentions masquées car cela n'a pas d'incidence si je suis jugé, si je romps ce lien faible. Mais je maintiens "a priori" une barrière entre ma vie privée et ma vie professionnelle. J'ai du mal à être fan de l'entreprise dont je suis employé car j'entretiens une certaine suspicion sur ses intentions affichées et j'ai sans doute peur qu'elle m'espionne alors même que je fais le clown en public. Les réseaux sociaux "personnels" sont donc comme ces nouveaux textiles qui laissent sortir la transpiration mais ne laisse pas rentrer la pluie.
La compréhension de ces réseaux est un enjeu pour les utilisateurs privés et professionnels. Ils sont très complexes et bien que faisant l'objet depuis longtemps d'études sociologiques spécifiques, s'en détachent partiellement par la dimension technologique de leur support.
Parce qu'ils sont aujourd'hui incontournables, il est préférable de les étudier plutôt que de les critiquer.

Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable
    

jeudi 8 avril 2010

De l'innovation dans la peinture

De passage dans une grande surface du bricolage je m'arrête devant un peit écran vidéo comme on en voit souvent. Je suis dans le rayon peinture qui ne m'intéresse pas plus que cela mais je suis interpellé par le produit présenté.
Valentine est un peu connue dans les analyses marketing pour avoir transformé l'image de la corvée peinture en plaisir déco. Son site internet en témoigne. http://www.duluxvalentine.com/
La marque frappe encore avec une invention non pas hautement technologique mais qui règle quasiment tous les désagréments du peintre amateur :

  • Les gants en latex qui protège les mains mais pas le nez qui gratte.

  • Le passage du pot au mur qui laisse des traces mémorables.

  • La charge irrégulière sur le mur qui oblige à passer 3 couches.

  • Le nettoyage du rouleau qui laisse quelques traces dans le lavabo. 

  • Le séchage et le rangement du matériel qui finira par ne plus pouvoir servir.
Valentine a donc conçu le DécoExpress.
http://www.decoexpress.com/fr/acceuil.html
Je ne suis pas là pour faire de la pub, mais voilà une réponse pertinente à la survie d'une entreprise :

  • Listez les problèmes de vos clients (passer de l'autre côté du comptoir).

  • Un par un, apportez y une réponse positive et concrète.

  • Regardez ce qui ce fait ailleurs (y compris dans la nature) avec la curiosité d'un enfant qui découvre le monde.
Recherche et développement, Innovation, ces concepts ne sont pas réservés aux grandes entreprises, ni même aux entreprises de production.
De la même façon, la veille, l'observation et l'écoute peuvent être l'affaire de tous dans l'entreprise. Si celle-ci est suffisamment ouverte sur l'initiative, les petits ruisseaux feront de grandes rivières.
Essayez, vos clients (et vos employés) vous remercieront.
Jean Luc BESSONNET - Agde Expert Comptable

dimanche 4 avril 2010

Les employés sont-ils prêts ?

On l'a lu dans le dernier billet du Gestionnaire Borg, les patrons ont du chemin à faire vers plus d'ouverture.
Mais les employés sont-ils prêts à passer à la gestion participative ?
Je vous pose la question et j'y apporte quelques éléments de réflexion.
  • L'individualisme se prête mieux à une direction autocratique qui impose des directives contre lesquelles on peut râler. Participer, c'est réfléchir à l'intérêt général avant son intérêt personnel.
  • Participer demande plus d'efforts que de ne pas participer.
  • On veut davantage de liberté mais on ne sait pas comment l'utiliser.
  • La liberté engendre la responsabilité mais cette dernière est vécue à charge.
  • La séparation vie privée, vie professionnelle est sacralisée. Rendre plus intéressant son travail dilue nécessairement la frontière.
J'arrête de me faire l'avocat du diable et passe la parole à la défense.
  • L'utilisation des réseaux sociaux pourrait être un facteur de convergence (à vérifier).
  • Il faut donner du temps au changement d'une culture d'entreprise ancrée dans l'opposition des catégories socio-professionnelles. Une approche KAIZEN est souhaitable.
  • La communication interne est un des vecteurs du changement.
A vos claviers pour plus d'arguments...