samedi 29 mai 2010

Audecia à Dijon

Notre groupement d'experts-comptables, AUDECIA a organisé cette année sa réunion du mois de Mai à Dijon. Nous y avons été magistralement accueillis par notre confrère, le Cabinet Cléon-Martin-Broichot Associés sous l'égide de Pierre Cléon, grand qualiticien au sens le plus noble du terme. Cette journée studieuse m'amène à faire quelques constats de synthèse des discussions que nous avons eues.
Nous avons évoqué avec HAYS (société de recrutement) quelques aspects du recrutement de nos collaborateurs et nous avons eu la confirmation que les attentes des postulants ne sont pas totalement en phase avec ce que nous pensons. Parmi les premières attentes et avant le salaire nous pouvons citer la qualité du parcours professionnel et la qualité de l'ambiance de travail. Sur ce dernier point cela m'amène à constater que si tous les employés mentionnent leur attachement à ce facteur, ils ne le défendent pas autant que son importance le suggérerait. L'ambiance est avant tout une affaire de bienséance de chaque individu dans sa relation aux autres et au groupe et nécessite de mettre parfois le mouchoir sur ses émotions et ses pensées. Bien évidemment, et du fait de cette importance, cela est aussi une priorité managériale qu'il convient de rappeler en permanence dans les paroles et les actes.
Nous avons aussi évoqué l'entretien de recrutement et le fait que nous devions vendre notre structure au postulant. J'ai tendance à penser que d'une part nous sommes autant acheteur que vendeur, même en période où les candidats ne sont pas légion et d'autre part, comme dans la méthode SPIN, pour bien vendre, il faut d'abord et avant tout écouter, laisser le candidat se dévoiler et indiquer ses véritables attentes.
Nous avons aussi abordé la difficulté de gérer cette nouvelle génération, qualifiée par un de nos interlocuteurs génération ZIP, Zappeur, Internet et Téléphone. Il est important de prendre en compte les spécificités de cette génération et d'essayer de la comprendre plutôt que de la stigmatiser. En effet, si les tendances observées sont des tendances de fond, il faudra faire avec, d'autant que pour une part d'entre eux, ces individus seront aussi nos clients de demain. Ne pas faire l'effort de rapprocher l'ensemble des générations potentielles d'une structure, c'est la priver des talents, spécificités et expériences de chacun et risquer de compromettre son adaptation aux changements de son environnement. Bien évidemment, l'organisation ne doit pas pour autant obtempérer à tous les caprices. Elle est guidée par une culture et des valeurs qui bien qu'évolutives, constituent la colonne vertébrale de son management.

Jean Luc BESSONNET

dimanche 16 mai 2010

Le Shin et le management


Dans une période ou s'enchaînent les assemblées des clubs, comités et ligues de Judo, auxquelles je participe pour parler de chiffres, on remet sur le devant de la scène la culture Judo.
Les valeurs c'est comme la qualité, on en parle lorsqu'elles commencent à être moins perceptibles.
Lorsque j'ai commencé le judo, dans les années 1970, le problème de la culture ne se posait pas, elle s'imposait. Point de salut sans respect du tatami, du Maître, des partenaires (finalement de l'environnement et des parties prenantes). Elles ont forgé mes jeunes années, et sans aucun doute constituent les fondements de mon comportement d'aujourd'hui.
Un petit point sur le code moral que l'on enseigne à nos enfants dès leurs premiers pas sur le tatami :
  • L’AMITIÉ : 
« C’est le plus pur des sentiments humains »
  • LE COURAGE: 
« C’est faire ce qui est juste»
  • LA SINCÉRITÉ : 
« C’est s’exprimer sans déguiser sa pensée »
  • L’HONNEUR : 
« C’est être fidèle à la parole donnée »
  • LA MODESTIE : 
« C’est parler de soi-même sans orgueil »
  • LE RESPECT : 
« Sans respect aucune confiance ne peut naître »
  • LE CONTRÔLE DE SOI : 
« C’est savoir se taire lorsque monte la colère »
  • LA POLITESSE : 
« C’est le respect d’autrui »

Ce code est avantageusement complété par les valeurs suivantes :
  • Le meilleur emploi de l'énergie,
  • L'entraide et la prospérité mutuelle.
Le grade du judoka relève quand à lui d'une triple valeur :
  • Le Shin : valeur morale
  • Le Ghi : valeur technique
  • Le Tai : valeur corporelle
Cela n'est pas sans rappeler la vision de Covey dans la 8ème habitude et ses 4 intelligences:

S'il fallait rappeler quelques principes du management, nous pourrions nous inspirer de ces quelques concepts.

Jean Luc BESSONNET - Agde Expert-Comptable

jeudi 6 mai 2010

Le chemin de lecture

Quand je reviens en arrière pour comprendre comment s'est construit mon développement personnel, je remonte mon chemin de lecture. "Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es". Ce travail d'analyse est très enrichissant par les constats qu'il m'amène à faire.
Le tout premier est que je ne serais pas celui que je suis, si je n'avais pas lu ce que j'ai lu. Il est indéniable que mes lectures ont construit ma vision de la vie, privée et professionnelle, ma relation aux autres et à moi-même. Certains livres rendent meilleur, non que je sois bon mais sans aucun doute mieux que je ne l'étais.
Certaines rencontres humaines ont aussi été déterminantes dans le choix de mes livres et si je devais en garder une seule reconnaissance ce serait celle-ci. De Dan Simmons, à Goldratt ou Covey, ces rencontres livresques d'une infinie richesse m'ont été permises par des discussions d'amis au même titre d'ailleurs que certaines de mes musiques préférées. La sérendipité trouve tout son sens dans ces bonheurs de culture offerts par l'ouverture et l'échange. Un ami pousse l'exercice jusqu'à offrir à d'autres les livres qu'il a aimés ; pas de plus beau cadeau que de partager son plaisir d'une lecture avec quelqu'un.
Parfois la rencontre a lieu dans un hall de gare ou d'aéroport devant la gondole "best sellers" de la presse du coin.
Une des plus étonnantes fût celle avec Bernard Werber et "Le livre de voyage". Longtemps je passe à côté de l'auteur médiatisé en me disant "pourquoi pas", puis, "pas encore". Et un jour, ce petit livre, accessible durant un voyage Paris-Agen, permettant de tromper son âme sans conséquence, tuer le temps avec désinvolture. Bouleversement total ; on s'approprie le livre, il pénètre notre âme comme si on l'avait écrit nous même ou comme s'il avait été écrit pour nous. Je découvre l'auteur ; stupéfaction, un jumeau karmique avec lequel j'ai une évidente ressemblance physique, né la même année que moi, dans la même ville, à quelques jours d'intervalle, il écoute les même musiques, lit les mêmes auteurs, ce qui est plutôt rare.
Mais cela relève essentiellement de l'habileté de l'auteur (pas la ressemblance physique bien sûr) comme le démontrent les commentaires de lecteurs postant leurs impressions sur Amazon :
"Comment terrasser ses propres ennemis, se créer un lieu à soi et se sentir vivre de l'intérieur pour la première fois..."
Bref, l'impression que ce livre n'a été écrit que pour soi.
"Ce livre a été pour moi une révélation. Mais il s'agit aussi d'un état d'esprit. Je pense qu'il y a quelques années je ne l'aurais pas lu. pas prête. pas besoin. trop dans le "faire", pas dans l'"être"; "
J'aurais pu les écrire moi même.
C'est bien là la force de la lecture, où la pensée lue se mélange à la notre pour n'en faire qu'une. Dans l'écriture, le phénomène s'accentue ; le charme s'opère comme un DJ qui recompose de nouveaux morceaux avec le talent de compositeur des uns et son propre talent de mixeur. Cela me rappelle la soutenance de mon mémoire d'expertise durant laquelle un examinateur manifestement décontenancé par le contenu me dit :"Ce n'est pas vous qui l'avez écrit !". Il est sur qu'après 4000 pages de lecture et d'application au cas pratique, cela rejaillissait sur le style d'écriture.
La transposition du "lu" et du "compris" dans les modes de gestion relève de cette appropriation nécessaire de la lecture. Chercher, lire, analyser, modéliser, communiquer, faire et améliorer, voilà un cercle vertueux du management. Trouver une utilité pratique à ce qu'on lit, c'est comme tester les recettes d'un livre de cuisine. On passe du plaisir mental à celui de l'accomplissement. 
Autre caractéristique du chemin de lecture, le cycle : on aime un auteur et il faut tout en lire. Dan Simmons, Werber, Asimov, Grangé, Chattam, Herbert, Covey ou Goldratt... Tout y passe. Il faut aller jusqu'au bout de ses passions. Mais il faut aussi posséder, physiquement pour pouvoir toucher, s'y replonger, se dire qu'on relira un jour, que l'on pourra prêter tout en ayant peur de perdre l'ouvrage.
Cycle d'auteur mais aussi cycle thématique.
Stratégie, théorie des contraintes, lean, développement personnel, développement durable, qualité, réseaux sociaux, coatching... 3, 4 livres par thème sélectionnés sur Amazon, (parfois par Amazon). J'ai la chance de pouvoir ne pas être avare pour mon plaisir, je suis un bon "Amazonien", capable de suivre les recommandations et de m'apercevoir qu'à la fin de mon cycle, les recommandations sont les livres que j'ai lus... sauf une qui me projette dans un nouveau cycle. Quelques fois s'opère un retour en arrière, en reprenant un livre déjà lu mais pas approfondi. C'est l'occasion de l'intégrer dans un nouveau cursus ou d'en faire le point de démarrage.
Et Internet dans tout ça, futile, fugace, qui ne laisse pas de traces.
Comment baliser son chemin, avec de tels outils vous ouvrant sur la gratuité, la diversité et la sauvegarde de quelques arbres, mais vous faisant oublier qui a écrit ce que vous avez aimé. Quelques outils permettront de palier cette faiblesse du numérique à grands coups de copier-coller pour garder la trace. Mais on ne renonce pas au livre, cela vient en plus.
Tel le petit Poucet, j'essaie donc de remonter mon chemin de lecture, en reprenant les livres qui ont forgé ma personnalité.
Jean Luc BESSONNET